Site de cabinet dentaire au Maroc : ce qui est autorisé
Publicité interdite, mentions autorisées, données patients et CNDP : le cadre légal réel d'un site de cabinet dentaire au Maroc.
C’est la première question que me posent les médecins-dentistes marocains, et elle est légitime : « Ai-je le droit d’avoir un site web ? »
La réponse courte est oui. La réponse utile est plus nuancée : vous avez le droit d’avoir un site, mais le code de déontologie marocain encadre strictement ce que vous pouvez y écrire. Beaucoup de sites de cabinets que je vois au Maroc sont, en l’état, en infraction — souvent parce que l’agence qui les a construits a recopié un modèle français sans vérifier le droit local.
Cet article résume le cadre réel. Je ne suis pas juriste : pour un cas précis, votre conseil régional de l’Ordre reste l’interlocuteur à consulter.
Le texte qui s’applique
Le texte de référence est le décret n° 2-96-989 du 5 janvier 1999 portant code de déontologie des médecins-dentistes du Maroc. L’exercice de la profession est par ailleurs régi par la loi 07-05 relative à l’Ordre national des médecins-dentistes.
Un point de vocabulaire important : vous verrez parfois circuler des articles sur la « conformité MOHAP » pour les sites dentaires. Le MOHAP est le ministère de la Santé des Émirats arabes unis. Il n’a aucune autorité au Maroc. Si un prestataire vous vend un site « conforme MOHAP », il ne connaît pas votre cadre réglementaire.
Vous verrez aussi des articles français évoquant la fin de l’interdiction de publicité pour les dentistes. C’est exact — mais en France, via le décret 2020-1658, à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’UE. Cette libéralisation ne s’applique pas au Maroc. Le droit marocain reste sur le régime d’interdiction. C’est la confusion la plus coûteuse que je rencontre.
Ce que le code interdit
L’article 11 pose le principe : « La profession dentaire ne doit pas être pratiquée comme un commerce. » Sont notamment interdits « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité ».
L’article 19 le confirme : « Sont également interdites toute publicité, toute réclame personnelle ou intéressant un tiers ou une firme quelconque. »
Concrètement, sur un site web, cela exclut :
- Les promotions, offres, remises, « premier détartrage offert »
- Les témoignages et avis de patients affichés sur le site
- Les photos avant/après de vos propres patients
- Les superlatifs : « meilleur cabinet de Marrakech », « leader du sourire »
- Les comparaisons avec des confrères
- Les photos de l’intérieur du cabinet ou de l’équipe utilisées comme argument de séduction
- Le référencement payant destiné à vous faire apparaître prioritairement (Google Ads sur votre spécialité)
Ce dernier point mérite attention : en 2025, le Conseil national a publiquement rappelé à l’ordre des praticiens pour des contenus jugés publicitaires sur les réseaux sociaux, avec menace de saisine du procureur. Le sujet n’est pas théorique.
Ce que le code autorise
L’article 12 énumère les indications autorisées sur les supports professionnels :
- Nom, prénom, adresse, numéros de téléphone et de télécopie, jours et heures de consultation
- Les titres reconnus valables par le conseil national de l’Ordre
- Les distinctions honorifiques reconnues par le Royaume
C’est volontairement restrictif. Mais entre « le strict minimum » et « la publicité interdite », il reste un espace considérable et sous-exploité : l’information du patient.
Le code interdit la réclame, pas la pédagogie. Un site qui explique clairement le déroulement d’un traitement, les suites opératoires, les précautions à prendre, ce qu’est une carie ou une parodontite, rend un service réel sans vanter le praticien. C’est là que se joue tout l’intérêt d’un site dentaire bien construit au Maroc.
Le modèle de site qui fonctionne dans ce cadre
Après plusieurs sites dentaires livrés, voici la structure qui reste dans les clous tout en générant des prises de rendez-vous.
Page d’accueil — Nom du cabinet, adresse, horaires, téléphone, plan d’accès. Factuel. Le téléphone visible et cliquable sur mobile est ce qui convertit le plus.
Page « informations pratiques » — Comment se déroule une première consultation, quels documents apporter, la prise en charge AMO/CNSS, l’accès et le stationnement. Cette page répond à de vraies questions et ne vante rien.
Pages de soins, rédigées en information et non en argumentaire — Une page par type de soin qui explique la pathologie, l’indication, le déroulement, les suites. « L’extraction d’une dent de sagesse : dans quels cas, comment ça se passe » plutôt que « Nos extractions sans douleur ». Le fond est le même, le registre est différent, et seul le second est sanctionnable.
Urgences — Votre conduite à tenir en cas de rage de dent, de dent cassée, d’abcès, et vos disponibilités. Les recherches d’urgence dentaire sont massives et se font depuis un téléphone, dans la douleur, souvent la nuit. Une page claire ici est la plus utile du site.
Titres et diplômes — Strictement ceux reconnus par le conseil national, sans abréviation fantaisiste. L’article 15 sanctionne l’usage de faux titres et les procédés destinés à tromper sur leur valeur.
Le référencement se construit alors sur des requêtes informationnelles — « douleur après extraction dent de sagesse », « prix couronne dentaire Maroc », « dentiste de garde Marrakech » — et non sur des slogans commerciaux. C’est à la fois conforme et plus efficace : ces requêtes ont un volume supérieur et une concurrence moindre.
Le volet données personnelles : la loi 09-08
C’est l’angle mort le plus fréquent, et il est indépendant de la déontologie.
La loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel impose une formalité préalable auprès de la CNDP avant tout traitement de données personnelles.
Pour les données de santé, le régime est renforcé : elles relèvent de la catégorie des données sensibles. Le traitement des données relatives à la santé est subordonné à une formalité spécifique auprès de la Commission nationale, et non à la simple déclaration de droit commun. Les démarches se font via le portail en ligne de la CNDP.
Ce qui déclenche l’obligation sur un site de cabinet :
- Un formulaire de prise de rendez-vous qui collecte nom, téléphone et motif de consultation
- Un module de réservation en ligne
- Tout stockage de fichiers patients en ligne
Les sanctions prévues par la loi ne sont pas symboliques : le traitement de données sensibles sans autorisation expose à des amendes se chiffrant en dizaines voire centaines de milliers de dirhams, et le texte prévoit des peines d’emprisonnement dans certains cas.
La conséquence pratique sur l’architecture du site : je recommande aux cabinets de ne pas collecter de données médicales via un formulaire web. Un bouton téléphone et un bouton WhatsApp suffisent à la prise de rendez-vous, ne créent aucun fichier, et allègent considérablement vos obligations. Si un formulaire est indispensable, il doit se limiter au nom et au téléphone — jamais le motif médical — avec une politique de confidentialité accessible depuis toutes les pages et une case de consentement non pré-cochée.
C’est un exemple de décision technique qui découle directement du droit, et que la plupart des modèles de sites dentaires vendus au Maroc ignorent complètement.
Google Business Profile : l’exception qui compte
Votre fiche Google est le levier de visibilité locale le plus puissant, et elle pose une vraie question déontologique, notamment à cause des avis de patients.
La position prudente, et celle que je recommande : renseigner la fiche avec les seules informations de l’article 12 — nom, adresse, téléphone, horaires. Ne pas solliciter d’avis, ne pas en organiser la collecte, ne pas les afficher sur votre site. Vous ne maîtrisez pas les avis spontanés que laissent les patients sur Google, et l’Ordre distingue généralement ce que le praticien provoque de ce qu’il subit. Mais republier ces avis sur votre site relève d’un choix actif, donc d’un procédé de réclame.
Une fiche correctement remplie, avec les horaires à jour et un lien vers votre site, produit l’essentiel du résultat sans prendre de risque.
En résumé
| Élément | Autorisé | Interdit |
|---|---|---|
| Coordonnées, horaires, plan | Oui | — |
| Titres reconnus par l’Ordre | Oui | Faux titres, abréviations trompeuses |
| Pages d’information sur les soins | Oui, registre pédagogique | Registre promotionnel |
| Tarifs | Prudence, à valider avec l’Ordre | Promotions, remises |
| Avis et témoignages patients | — | Oui, interdits |
| Photos avant/après de patients | — | Oui, interdites |
| Google Ads sur votre nom de spécialité | — | Référencement prioritaire payant |
| Formulaire collectant un motif médical | Déconseillé | Sans autorisation CNDP |
Le cadre marocain est plus strict que le cadre français actuel, et beaucoup plus strict que ce que suggèrent les modèles de sites vendus en ligne. Mais il laisse largement la place à un site utile : informatif, rapide, avec un accès téléphonique immédiat. C’est exactement le type de site qui convertit le mieux dans ce secteur, indépendamment de toute contrainte réglementaire.
Si vous avez un doute sur un contenu précis, votre conseil régional de l’Ordre répond à ce type de question, et c’est la seule source qui vous engage.
Voir aussi : la page site web pour dentiste pour la version pratique, et combien coûte un site web pour un cabinet dentaire.
Nos prestations liées à cet article
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- SEO Local au Maroc — Référencement Google Local Apparaître quand un client cherche votre service dans votre ville, sur Google et sur Maps.
- Création de Site Web au Maroc — Vitrine & Entreprise Sites web sur mesure, rapides et optimisés pour Google, pour les entreprises marocaines de Casablanca à Agadir.